Catégorie : Consommation

Espace client EDF & moi en panne depuis plusieurs semaines…

Cela fait plusieurs semaines que je ne parviens plus à me connecter sur mon Espace client EDF & moi. Je précise que je suis client pour l’électricité et le gaz.

J’utilise habituellement l’application EDF & moi sur mon téléphone. J’obtiens invariablement le message suivant :

Espace client EDF & moi

Au début, je me suis dit que c’était temporaire et qu’il convenait de patienter. Au bout d’un certain temps, j’ai pensé que c’était peut-être l’application sur mon téléphone qui avait un problème. J’ai donc entrepris de me connecter sur un ordinateur, démarche qui n’a pas plus abouti :

Espace client EDF & moi

Espace client EDF & moi : une panne temporaire qui dure…

Quelques milliers de minutes plus tard, je me suis alors demandé si j’étais le seul dans cette situation. Le fait est que mes recherches sur Internet n’ont pas donné grand chose dans un premier temps. J’ai néanmoins fini par trouver un site où plusieurs dizaines de personnes témoignent rencontrer les mêmes difficultés : https://www.totalbug.com/edf/.

Totalbug

Ce qui est par contre étonnant, c’est qu’il n’y a aucune communication d’EDF sur le sujet, et les associations de consommateurs ne semblent pas s’être saisies du problème pour le moment. 

A lire la page Totalbug, pour les personnes qui ont réussi à joindre le service client EDF par téléphone (et qui ont donc été très patientes, j’ai renoncé au bout de 20 minutes d’attente), les réponses ont été pour le moins laconiques…

EDF en délicatesse avec ses obligations légales…

Cette impossibilité d’accéder à son Espace client pourrait sembler anecdotique, car la fourniture d’énergie n’est pas impactée. Néanmoins, pour ceux qui ont des compteurs communicants (dont je fais partie), l’accès à EDF & moi permet de connaître ses données de consommation.

Cela fait donc plusieurs semaines que de nombreux abonnés ne peuvent plus contrôler leur consommation, dans un contexte d’augmentation du coût de l’énergie et alors que nous entrons en période hivernale, et que les pouvoirs publics appellent tout un chacun à réaliser des économies d’énergie…

Il convient de rappeler que l’article L 224-9 du code de la consommation prévoit que pour les contrats de fourniture d’électricité ou de gaz naturel, « le consommateur accède gratuitement à ses données de consommation« .

Les articles D224-26 et suivants du même code viennent préciser plusieurs choses sur les données qui doivent être mises à disposition lorsqu’il y a un compteur communicant, et qui doivent permettre de connaître ses données de consommation.

EDF ne semble pas pressé de respecter ces prescriptions légales.

En l’état, comme beaucoup, je suis dans le flou depuis plusieurs semaines, alors que l’Espace client permettait de visualiser ses consommations quotidiennes… Il n’est par ailleurs plus possible d’obtenir un justificatif de domicile ou de régler ses factures en ligne.

Si vous êtes vous-même confrontés à une impossibilité d’accès à votre Espace client EDF, je vous invite à vous manifester en laissant un commentaire ci-dessous, et à décrire votre situation, ce qui donnera plus de poids à mes démarches. Le but étant qu’EDF nous donne des réponses et surtout que le problème soit désormais rapidement résolu !

EDIT DU 10 OCTOBRE 2022 : je me suis aperçu un peu par hasard que le suivi des consommations restait disponible sur Internet à l’adresse https://equilibre.edf.fr/ (avec les identifiants habituels). Par contre, il n’est pas possible d’aller sur le « Tableau de bord » et donc d’avoir accès aux fonctionnalités de l’Espace client, et l’appli Iphone ne fonctionne toujours pas. N’hésitez pas à m’indiquer ce qu’il en est pour vous.

EDIT DU 28 OCTOBRE 2022 : l’accès au service client Internet et mobile ne fonctionne toujours pas. De plus en plus de personnes témoignent du même problème sur le site Totalbug. Pour ma part, les données consommations restent accessibles sur le site Equilibre, mais les consommations de gaz ne sont plus actualisées depuis le 8 octobre…

J’ai contacté le Service client EDF&moi sur Twitter, voici leur réponse :

Au moins ils ont connaissance du problème, reste maintenant à le résoudre…

EDIT DU 21 NOVEMBRE 2022 : Miracle, le service client refonctionne pour moi, sans prévenir, après une panne de plus de 3 mois… J’ai à nouveau accès au service client sur ordinateur, et aussi via l’application mobile Edf & moi (pour surmonter l’erreur « service indisponible AUTH 018 », il faut s’identifier à nouveau en cliquant sur « connecter).

Par contre, je n’ai toujours aucun suivi de consommation de gaz, ce depuis le 7 octobre dernier.

N’hésitez pas à indiquer ce qu’il en est pour vous, si la panne perdure ou si c’est réglé pour tout le monde.

EDIT DU 2 DECEMBRE 2022 : Tout refonctionne pour moi, y compris le suivi gaz qui a repris sur l’application Edf & moi depuis 2 jours. Suite aux conseils d’autres abonnés en difficulté avec leur espace client, j’ai ouvert un compte chez GRDF qui permet également un suivi des consommations de gaz. Il demeure un sentiment de déception vis-à-vis d’EDF, qui n’a jamais apporté d’explication concernant les pannes qui semblent avoir touché des milliers de personnes. De plus, il semblerait que les difficultés d’accès aux fonctionnalités en ligne perdurent pour certains abonnés…




Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

obsolescence programméeUne proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a remis sur le devant de la scène le concept d’obsolescence programmée. Ce mal toucherait un certain nombre d’appareils de notre quotidien. Mais quel est-il, comment reconnaître ses symptômes, et comment y remédier ?

La notion d’obsolescence programmée

Une étude de l’ADEME définit l’obsolescence programmée comme un « stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique ». Un rapport parlementaire paru en 2011 rappelle que le concept trouve son origine dans un essai de Bernard London de 1932, qui l’érige en solution pour favoriser la croissance économique. On en trouve une des premières applications à grande échelle avec les ampoules à incandescence, dont la durée de vie  a été artificiellement limitée par un cartel de professionnels pour obliger les consommateurs à en acheter beaucoup plus souvent. D’autres écrits sont disponibles sur la question : un rapport du CNIID et des Amis de la Terre de 2010 qui dénonçait déjà certaines pratiques des professionnels, et plus récemment, un rapport du centre européen de la consommation.

Il existe plusieurs formes d’obsolescence plus ou moins condamnables. Ainsi, les effets de mode conduisent à ne plus utiliser un bien qui n’est pourtant pas encore bon pour la poubelle (les vêtements par exemple). Les industriels nous poussent à consommer en mettant en permanence de nouveaux produits sur le marché, à grand renfort de publicité. C’est de bonne guerre, et nous conservons notre libre-arbitre ! Il y a cependant plus grave, notamment lorsque le produit est conçu pour gêner voire empêcher sa réparation (des batteries des téléphones portables moulées dans la coque par exemple, la présence de vis à tête spéciale ou de rivets, des pièces d’usure quasiment inaccessibles, etc.). Il peut également s’agir d’inclure dans l’appareil une pièce essentielle qui va immanquablement casser (condensateur dans un écran plat, cuves en plastique des machines à laver). D’autres techniques sont encore plus insidieuses : ainsi, par le jeu des mises à jour, un ordinateur ou un smartphone devient désagréablement lent, au point de vouloir en changer ; tout peut également être fait pour décourager la réparation, et en premier lieu le prix de celle-ci (« votre appareil est économiquement irréparable, ca tombe bien, on a une offre spéciale en ce moment sur un nouveau modèle »).

Une volonté de légiférer pour contraindre les professionnels à agir

La proposition de loi évoquée vise à lutter contre l’obsolescence et à augmenter la durée de vie des produits. Il s’agit d’étendre progressivement la durée de la garantie légale de 2 à 5 ans (ce qui inciterait les fabricants à construire plus durable pour avoir un taux de retour le plus bas possible), d’obliger les professionnels à mettre à disposition pendant 10 ans les pièces détachées essentielles au fonctionnement du produit, ainsi que les notices de réparation. Un délit d’obsolescence programmée serait également créé, défini comme  toute technique par laquelle un fabricant ou un importateur vise à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. Celui-ci serait réprimé de 2 ans d’emprisonnement et/ou 37 500 € d’amende.

Que cette proposition de loi soit adoptée ou non, la révélation des techniques d’obsolescence programmée indigne à juste titre les consommateurs. Des entreprises commencent d’ailleurs à surfer sur la tendance, et notamment Malongo qui met en avant une cafetière garantie 5 ans :

Et en attendant qu’est-ce qu’on fait ?

Il est tout à fait possible d’entrer en résistance face aux discours et méthodes de certains professionnels. Ainsi, il est possible de tenter de réparer soi-même son grille-pain fétiche, éventuellement avec l’aide de sites Internet tels www.commentreparer.com, ou le site américain www.ifixit.com, pionnier du genre. Si vous n’avez pas le courage d’ouvrir votre boite à outils, il est possible de s’adresser à des associations d’insertion (et notamment les Ateliers du bocage, de la communauté Emmaüs).

On peut également choisir d’acquérir un produit un peu plus cher, ce qui sera (espérons-le !) synonyme de meilleure qualité, et donc d’une durée de vie allongée ; cela compensera le surcoût à l’achat. Si l’on a un petit budget, on peut acheter d’occasion, et également revendre ce qui fonctionne encore, cela profitera à d’autres.

Enfin, lorsque la panne d’un appareil électrique semble définitive, il convient de déposer le moribond en déchèterie ou dans un point de collecte (trouvez le/la plus proche ici). Il sera dépollué et recyclé, ce qui limitera son impact environnemental.

En tout état de cause, restons informés ! La meilleure sanction vis à vis d’un professionnel qui pratiquerait l’obsolescence programmée, c’est encore de ne pas ou plus acheter ses produits.

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Paradoxes et limites de la croissance selon le PIB

pibLa question de la croissance est omniprésente dans le discours politique. Encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Il s’agit généralement d’une croissance du PIB, acronyme de produit intérieur brut, indicateur qui mesure la richesse d’un pays en termes de production de biens et de services sur une période donnée.

Le propos est ici de montrer les limites de cet outil qui semble avoir le monopole pour évaluer les performances d’un pays (avec son corollaire, le PIB par habitant, qui ambitionne de donner une idée du niveau de vie).

La première critique réside dans le fait que le PIB ne tient pas compte de l’environnement. L’utilisation rationnelle des ressources naturelles apparaît secondaire, tout comme une gestion de celles-ci à long-terme (consommons-les tant qu’on peut, on verra après). Une activité polluante va générer du PIB, et c’est également le cas des opérations de dépollution. Cela n’incite donc pas à faire de la prévention. Ainsi, par exemple, les pollutions diffuses de l’eau vont permettre ensuite à des entreprises de facturer son épuration ; la production élevée de déchet conduira à la mise en place en aval de filières de traitement.

La deuxième limite du produit intérieur brut est son côté mécanique, qui ne tient pas compte de l’utilité de l’activité, et de sa valeur sur le plan humain. On cite généralement l’exemple des accidents de la route, qui génèrent du PIB (soins médicaux, achat de nouveaux véhicules, réparations, …). Une catastrophe naturelle ou un attentat va également contribuer au PIB. Et de manière générale, les guerres sont positives pour l’indicateur, de leur déroulé à la période de reconstruction. Ainsi, le PIB permet mal d’augurer du bonheur et du bien-être d’une population.

Troisièmement, le PIB ne tient pas compte de ce que l’on appelle l’auto-production : si vous avez un potager, les fruits et légumes que vous récolterez ne contribueront pas au calcul de l’indicateur. De même, à chaque fois que vos talents de bricoleur vous permettront de vous dispenser des services d’un professionnel, vous n’apporterez pas votre écot à la richesse nationale. Si en plus vous envisagez de construire votre maison tout seul, la récession nous guette !

Si l’on ajoute à cela que l’ensemble des activités bénévoles ne sont pas prises en compte, l’on va pouvoir conclure que la meilleure façon de favoriser la croissance économique sous le prisme du PIB, c’est de faire du « business » tous azimuths. En poussant le raisonnement par l’absurde, il faudrait que tout soit rémunéré : plus d’acte gratuit, plus de bénévolat, plus de service rendu. Vendez les produits de votre potager à votre voisin, vous achèterez les siens. Rémunérez le conjoint qui ne travaille pas mais s’occupe des tâches ménagères. Ne donnez plus gracieusement des cours de piano au fils de votre ami d’enfance. Tout devrait être facturé et déclaré pour booster le PIB, et permettre à l’Etat d’opérer quelques ponctions salutaires pour la réduction de notre déficit public.

Les messages véhiculés par le PIB peuvent donc faire l’objet de quelques réserves à l’aune des préceptes du développement durable. Rappelons que ce concept ne nie pas l’économie, mais celle-ci n’est qu’une de ses composantes, un de ses trois piliers, qui coexiste avec les enjeux sociaux et la prise en compte de l’environnement. Depuis 2003, la France est d’ailleurs dotée d’une stratégie nationale du développement durable, adoptée pour 5 ans. La deuxième mouture prévoit, à côté du PIB et du taux de chômage, d’autres indicateurs pour évaluer les progrès sur des objectifs tout aussi louables, avec notamment :

  • la productivité matière (qui permet de tendre vers une économie plus sobre en consommation de ressources naturelles)
  • les sorties précoces du système scolaire
  • la participation des femmes aux instances de gouvernance
  • les émissions de gaz à effet de serre
  • l’abondance des populations d’oiseaux
  • l’espérance de vie

Le fait est que l’on entend beaucoup moins parler de ces indicateurs ! En somme, ce n’est pas tant le PIB en soi qui est le plus critiquable, mais sa propension à occulter le reste.

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Ces entreprises pour qui l’environnement a bon dos

Lorsque l’on pose la question aux français, ceux-ci se déclarent dans une grande majorité concernés par l’environnement. Une étude d’Ethicity l’a encore récemment confirmé. Les entreprises l’ont bien compris, et utilisent régulièrement notre conscience environnementale pour leur propre compte. Pour la plupart d’entre elles, il s’agit surtout de vendre plus et de dépenser moins.

  • Vendre plus : les consommateurs sont prêt à acheter les produits les moins impactants pour l’environnement. Qu’à cela ne tienne, certaines entreprises vont donc multiplier les références à la nature, sans que cela ne soit justifié par des efforts particuliers en la matière. On va donc trouver des emballages d’un beau vert tendre, éventuellement agrémentés de logos faits maison (on pense notamment aux lessives, où les fabricants font preuve d’une grande créativité) ainsi que des allégations dans la publicité : tel produit se revendique comme écologique, tel autre s’érige bon pour la planète ou est estampillé durable. C’est ce qu’on appelle le greenwashing ; on retrouve beaucoup d’exemples de ces pratiques contestables sur le site de l’Observatoire indépendant de la publicité. Le problème, c’est qu’à trop communiquer à tort et à travers, les entreprises diluent et décrédibilisent les initiatives qui ont une véritgreenwashingable plus-value environnementale, et notamment les deux labels officiels que sont NF environnement et l’écolabel européen. Ce sont ces deux logos qu’il faut privilégier lorsque l’on veut acheter des produits ou des services meilleurs pour l’environnement. Les labels officiels n’existent cependant pas pour toutes les gammes de produits et de services, loin de là (pour connaître les produits et services concernés, cliquez ici). Pour le reste, c’est un peu la cour des miracles
  • Faire des économies : dans ce cas de figure, certaines entreprises vont s’abriter derrière le paravent environnemental pour diminuer leurs coûts ; un exemple ? La facture électronique ! De grandes entreprises comme Orange, SFR, Bouygues Telecom, EDF ou encore Gaz de France nous la proposent régulièrement, et toujours dans l’optique de « faire un geste pour l’environnement ». Est-ce là leur première motivation ? On peut raisonnablement penser que non ; en effet, la suppression d’une facturation papier leur permet surtout des économies considérables (moins de papier, plus d’affranchissement, diminution de personnel, …). En plus, on nous transfère les coûts d’impression si on veut garder une trace papier ! Le fait est qu’il peut effectivement y avoir un avantage environnemental à la facturation électronique, mais il semble à tout le moins normal que le client ait alors un avantage financier à opter pour ce biais, puisqu’il va permettre de réaliser des économies. Les entreprises en question se gardent bien de le faire ; elles demandent donc aux consommateurs d’avoir une conscience environnementale et en tirent tous les bénéfices ! Autre exemple : les serviettes dans les hôtels, qu’on nous demande de ne pas changer pour protéger la planète ; hum hum, il s’agit peut-être là aussi avant tout de protéger la rentabilité de l’établissement. L’Etat n’est pas en reste : Bercy enjoint désormais les contribuables à ne plus recevoir leur déclaration d’impôt par la Poste, toujours dans la perspective d’être en phase avec les préceptes du développement durable. Mais ne blâmons pas trop les pouvoirs publics, si le ministère des finances fait des économies, c’est certainement pour baisser nos impôts ! (hum hum)

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